Envie de passer un bon moment bien installé dans le fauteuil du salon avec la petite tisane exotique à porté de main en attendant que les beaux jours reviennent et que le soleil arrête de faire son timide?
Je sais ce qu'il vous faut, un livre. Mais pas n'importe le quel. Je sais que la lecture n'est plus le passe temps favoris des jeunes d'aujourd'hui (même la lecture des blogs hihi), ni de moi même d'ailleurs, mais ce livre...une merveille.
Jean Egen, l'auteur, alsacien, raconte l'histoire de sa famille à travers les guerres, à travers l'histoire. Non non, ce ne sont pas des récits de batailles ennuiants et racontant toujours la même chose, ce n'est pas non plus une copie de votre livre d'histoire, loin de la, mais bien l'histoire de la vie de cette famille alsacienne. De son grand-père qui a combattu sous Mac-Mahon à son cousin Camille en droguet de déporté, l'auteur nous fait vivre les traditions alsaciennes en mettant une pointe d'humour, un peu de dialecte alsacien traduit et bien sûr l'accent alsacien...
Quelques extraits:
(L'Alsace est occupée)
" Il y a mieux : chaque fois qu'à l'école on fait chanter aux siens les hymnes détestés (les hymnes allemands), à la maison papa Jean-Baptiste (le grand-père de l'auteur) leur administre l'antidote. Le soir venu, on ferme les volets, on tire les rideaux, on place deux chandeliers autour du Napi de bronze (c'est comme ca qu'ils désignent Napoléon en dialecte alsacien) qui orne la cheminée et on entonne la Marseillaise : "Allons enfants de la batri...iheu, le chourdegloire édarivé..." Car, si le coeur est passionément francais, le gosier demeure on ne peut plus tudesque, c'est une des merveilles du patriotisme alsacien. [...]Le Seppala (père de l'auteur, enfant à cet époque) y va de tout coeur. Sans trop comprendre le sens de ce qu'il braille. Il prend le chourdegloire pour un homme, une sorte de messie casqué et botté envoyé par Dieu pour chasser les Prussiens.[...] (Il) se demande, si lui, le Seppala, ne pourrait pas connaitre un destin héroïque en devenant le
chourdegloire en question."
Pour mieux comprendre ce passage : Seppala, père de l'auteur a 9 ans. Il vient de perdre sa mère qui est morte d'une maladie et est envoyé en France, à Reims pour ses études par son père. Il est heureux de partir, idéalise la France, ce pays auquel il se sent attaché. Mais il va vite se rendre compte qu'il s'est fait des illusions. On lui demande son nom.
"Un certain Loiseau lui demande son nom. Le Seppala se méfie : la réponse a déjà fait sourire le directeur. Loiseau insiste. Le Seppala essaie vainement d'adoucir son accent, c'est comme un jet de "Chossef" (il s'appel Joseph, Seppala est le diminutif alsacien de Joseph). On rit à faire craquer les culottes et Loiseau poursuit le jeu : "D'où viens-tu?" Le Seppala répond courageusement : "De Kâvil'r" (c'est comme ca que l'on prononce Guebwiller en alsacien). Le cercle des rieurs s'agrandit.[...] Le Seppala se fâche : "Che ne suis pas un suchet de Pissemarck, che suis franzais!" (Pissemarck=Bisemarck, un dirigeant allemand)
- Sans blague! ricane Loiseau, tu es franzais?" Le Seppala devient cramoisi : "Vouille et si tu osses dire le gontraire, je te casse la pouche!"
Pour tous les alsaciens qui veulent renouer avec la tradition alsacienne, pour tout ceux qui sont intéressés par l'histoire, et pour tous les autres, qu'il puissent mieux connaitre les alsaciens, ne plus les juger et les associés aux Allemands pendant les deux Grandes Guerre du XXème siècle, je conseil ce livre. Et pour tout ceux qui veulent passer un bon moment! ;)